.Première fois que je me sens aussi tendue. J'ai les épaules complètement rigide, le dos hyper-raide, et l'estomac en plomb (encore que ça c'est peut-être parce que j'ai faim). Bref, pas la forme du tout, et des
crises de larmes à intervalles réguliers...
JE N'AI PAS ENVIE DE PARTIR
(du genre vraiment, vraiment pas envie)
Il y a tellement de choses
qui compte pour moi ici et que je ne veux pas laisser derrière, que ce soit mes familles, mes amis, les endroits qui peu à peu me sont devenus familier et que j'ai appris à aimer. J'ai planté mes racines à Grand Haven pendant un an, et maintenant
il faut que je quitte tout, sans savoir quand je serais de retour. J'ai déjà vécu ça une fois en partant d'Italie, ça m'a suffit, pas envie de repasser à travers cette déchirure.
Bien sûr je veux revoir mes parents, ma s½ur et mes amis. Mais là maintenant tout de suite, sachant que ma famille est dans l'avion Paris-Chicago, j'ai vraiment pas envie qu'ils arrivent, parce que ça sera une preuve tangible que mon départ est imminent, et que je devrait
faire mes adieux à tous mes proches. Le pire, c'est que je commence seulement à le réaliser.
Le week-end dernier, je suis allée à ma
dernière conférence rotarienne à Grand Rapids. J'ai retrouvé mes amis du district 6290, ceux du bus trip, les rebounds qui étaient de retour au pays, et pleins d'autres étudiants d'échange. En effet cette conférence rassemblait non seulement les étudiants de mon district, mais de tous les districts des
Central States, ce qui veut dire Michigan, Wisconsin, Illinois, Indiana et Ontario. C'était tellement court, on s'est tellement amusé. J'ai fait signer mon drapeau par tout le monde, mais les adieux ne semblent toujours pas réels, c'était juste la fin d'une autre conférence en attendant la prochaine. Sauf que j'ai vu des amis peut-être
pour la dernière fois de ma vie.
C'était tellement irréel que je n'ai pas pleuré. Puis hier, je suis allée faire ma présentation au Rotary Club de Grand Haven, et ce coup-ci le déclic s'est produit.
Et j'ai craqué. Première fois que je pleure en onze mois. Et rien qu'en écrivant ça c'est reparti, 'tain fait chier, je peux rien faire pour l'éviter.
J'ai commencé à préparer ma valise, elle est déjà trop lourde alors qu'il y a rien dedans, et on m'a offert encore plein de choses hier. Je n'ai plus à me préoccuper au sujet des livres que je voulais acheter, le Rotary Club de Grand Haven l'a fait pour moi. Comment je vais ramener tout ça j'en sais rien, et
honnêtement je m'en fout, s'il le faut je payerai, mais je veux rien laisser derrière.
Donc ne m'en voulez pas trop, mais je serai encore plus absente que d'habitude jusqu'à la rentrée, ce qui ne signifie pas que je ne continue pas ce blog. Au contraire, je sens que ce sera l'un de mes radeaux de sauvetage...
C'était un rêve de passer un an ici, c'est passé comme un rêve, sauf que maintenant le rêve se termine et je ne veux pas me réveiller.
Je laisse un morceau de moi-même ici,
en espérant qu'il puisse continuer à fleurir.